Quand comprendre le cerveau permet de mieux appréhender la formation

cerveau et couloir vitré

Le 20 mars dernier, s’est tenue à Bordeaux – Aquitaine Cap Métier – une conférence sur les neurosciences et la formation. Plus précisément, ce rendez-vous avait pour thème de voir dans quelles mesures la connaissance du cerveau pouvait influencer les méthodes pédagogiques utilisées en formation.

Passionnée par cet aspect de l’apprentissage, je m’y suis rendue et je vous fais un retour sur les points qui ont, plus particulièrement, retenu mon attention.

Le fonctionnement du cerveau

Tout d’abord, un des deux intervenants a fait un état des styles d’apprentissage. En effet, chaque individu a un style d’apprentissage qui lui est propre ; certaines personnes se disent plus visuel, auditif ou encore kinesthésique. Malgré cette propension naturelle, il ressort que nous sommes tous des apprenants visuels. Ce qui me conforte dans l’utilisation de supports pédagogiques tels que des powerpoint « allégés », schématiques et colorés dans ma dispense des formations.

Autre point évoqué marquant : plus on réactive un souvenir, plus on le déforme. Concrètement, et dans l’exercice de mon activité de formatrice-conceptrice, à la lecture de cette information, il parait plus que nécessaire et justifié de revenir régulièrement sur les notions pour les ancrer et aussi pour passer par-dessus l’expérience au poste. En effet, l’expérience au poste a pour conséquence d’amener la personne à gagner en efficacité. Dans ce souci d’efficacité, elle acquiert des automatismes qui lui font perdre les bases de la communication et les essentiels de son travail. D’où l’importance de réaliser des formations certes pour des personnes débutantes, mais aussi pour des personnes qui sont expertes dans leurs métiers et dont les bases de la communication sont enfouies par l’expérience.  Mon rôle est de leur apprendre à sortir de cette routine et de s’appuyer sur leurs connaissances pour mieux communiquer avec le client.

L’apprentissage

Parmi les points évoqués lors de cette conférence, l’importance de comprendre les rythmes naturels d’apprentissage, mais aussi de prendre en compte les capacités du cerveau.

Le cerveau obéit à un rythme alterné : l’apprentissage théorique ne peut donc pas se faire en continu sur une journée de 7 heures, d’où l’intérêt d’inclure dans un parcours de formation différentes formes d’apprentissage exemple temps imparti à la pratique, exercices et théorie

L’apprentissage est corps et esprit d’où l’intérêt de sortir de la traditionnelle formation théorique pour y intégrer aussi des jeux de rôle et exercices alliant la pratique.

L’expérience permet au formateur-concepteur d’éviter l’infobésité (qui désigne un excès d’informations reçues), d’où aussi l’importance de la transmission des informations et la quantité d’apports théoriques. Dans ma pratique, pour une formation d’une même durée, je préfère, avec l’accord du client donneur d’ordre, développer 3 thèmes essentiels en m’appuyant sur différents outils pédagogiques plutôt que d’en traiter 8, de manière essentiellement théoriques et pour lesquels le stagiaire n’aura que de simples connaissances. D’autant que le cerveau efface les informations inutiles à court terme.

En prenant en compte tous ces paramètres, il convient aussi de changer régulièrement la configuration des supports pédagogiques pour mieux transmettre, encore plus si on s’interroge sur les intelligences multiples. En effet, quand on part du postulat qu’il existe 8 formes d’intelligence (intelligence intra-personnelle, intelligence interpersonnelle, intelligence logico-mathématiques, intelligence corporelle-kinesthésique, intelligence verbo-linguistique, intelligence musicale-rythmique, intelligence spatiale, intelligence spatiale, intelligence naturaliste-écologique – Howard Gardner – 1983 – Les intelligences multiples) et que le système scolaire n’en privilégie vraiment qu’une ou deux à l’heure actuelle, ne faut-il pas aujourd’hui créer des outils pour repérer le bouquet d’intelligences de chaque apprenant afin d’adapter la formation à son profil ?

Caroline Prince

Formatrice pour Teleperformance Academy France